lundi 2 novembre 2015

"Rapture" de Camille Norment

L’une des étapes qui m’a énormément marquée en parcourant le Giardini de la Biennale de Venise a été, sans aucun doute, la découverte du pavillon nordique. Regroupant le travail de la Suède, la Finlande et la Norvège, ce lieu particulier dévoile la production artistique de Camille Norment intitulée « rapture ». Nous découvrons une installation sculpturale et sonore basée sur l’utilisation du verre d’harmonie, un instrument du XVIII ème siècle inventé par Benjamin Franklin, et d’un enregistrement d’un choeur de 12 voix féminines.

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Nous entrons alors dans un espace ouvert sur l’extérieur, lumineux, épuré qui pourrait presque nous paraître sans intérêt aucun : en pénétrant dans ce monde singulier, nous découvrons un amas de cadres de verre au quatre coins de la pièce, le verre de chaque cadre est brisé de façon très aléatoire et les morceaux jonchent le sol. Les cadres sont disposés côte à côte, les uns sur les autres ou sont entremêlés.

Et soudain, un choeur de voix féminines se fait entendre comme venu d’ailleurs : il résonne et remplit toute la pièce d’une souffle particulier, hypnotisant, enveloppant et protecteur. Ce paysage inerte prend alors vie sous l’emprise de ces voix. Cet endroit qui était alors plongé dans un froid glacial et dans un questionnement cherchant le pourquoi du comment devient, à la résonance de ces voix, hypnotique et mystérieux. Les frissons qui me parcourent à cet instant ne sont plus dus à une sensation de froid mais à la puissance sensible de ces voix qui parcourent l’espace et qui pénètrent, voire transpercent, le corps et l’âme. Je me suis sentie apaisée comme enveloppée de bras tendres et bienfaisants, d’un linceul protecteur. Les cadres aux vitres brisées et le son envoutant qui s’évapore délicatement comme de l’essence : le spectateur oscillerait presque entre des sensations paradoxales, la fragilité de la vie et la douceur de la mort, la magie des battements d’un coeur et le silence d’un souffle perdu. Ce lieu capture littéralement le spectateur dans une ambiance extrêmement particulière et singulière dont il m’a été difficile de m’en détacher. A l’image des chants des sirènes, ces voix féminines appellent à la découverte des lieux même lorsque nous passons à proximité du pavillon. C’est un espace immersif et multi-sensoriel, qui transporte à l’intérieur de soi-même, dans une méditation personnelle silencieuse, qui oscille entre les idées d’un corps dans le traumatisme et d’un corps en extase.

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mardi 13 octobre 2015

Commentaire d'oeuvre : l'évanescence de Byung-Hun Min

Après avoir parcouru la liste des expositions proposées, mon attention s’est arrêtée sur la série de photographies de l’artiste coréen Byung-hun Min représenté au sein de La galerie particulière de Paris. Né en 1955 à Séoul, Byung-hun Min développe une oeuvre photographique singulière qui tend à rendre visible ce qu’il considère comme l’essence même de son pays : la simplicité et le silence. Dans cette série de productions visuelles, l’artiste y met en exergue une nature coréenne hivernale figée presque inerte sous une couche de neige et une tombée de brume mais également des silhouettes féminines. Son travail se porte surtout sur une suggestion raffinée, poétique et légère des éléments qu’il capte à travers l’objectif de son appareil. Dans la série River, les composantes de la nature sont simplement visibles ou légèrement apparentes à travers un épais brouillard qui tombe sur les paysages. Les arbres sont littéralement dévorés par la vague de brume qui avance dans les terres, les courbes des collines disparaissent progressivement laissant place à une forme de néant pur totalement blanc. Un jeu subtil sur la transparence de l’eau participe à la construction d’une atmosphère presque fantastique, irréelle, tout droit sortie d’un monde imaginaire qui serait plongé dans un sommeil hivernal et éternel. Cet effet de miroir multiplie les reflets des éléments naturels à la surface de l’eau à proximité. Cette illusion deviendrait presque mystérieuse ne dévoilant que des bribes d’un paysage que le spectateur est invité à recréer en stimulant sa propre imagination et en faisant appel aux sensations qu’il est amené à ressentir instantanément. Cette liberté d’expression laisse libre cours aux interprétations et aux sensations à la vue de ces clichés. Personnellement, des impressions très paradoxales se dégagent de ces différentes prises de vue. D’abord, une sensation d’inquiétude, de trouble et même d’oppression émane de ces photographies. Le regard n’a un pouvoir que très limité : en effet, les perceptions des éléments du paysage sont floutées et rendues incertaines par la monotonie des couleurs basée uniquement sur des nuances de gris ainsi que par cette fameuse vague de brouillard présente dans l’intégralité des clichés et qui engloutie lentement le décor. A l’inverse, cette série de photographie m’inspire une certaine paix et un apaisement intérieur : la brume devient alors un cocon protecteur et doux mais qui n’est qu’éphémère, volatil et fragile. Les clichés sont simples et épurés, sans artifices superflus, comme s’ils étaient réalisés à la mine d’un crayon de papier, ne mettant en valeur que la simple beauté des silhouettes de la nature, de la pureté des lignes et des couleurs. La même magie s’opère au sein de la série Portrait. Les lignes des corps de femme ne sont qu’à peine suggérées mais, par ce trouble, elles sont d’autant plus magnifiées puisque le nu reste sensuel et subtil. Les photographies de Byung-Hun Min nécessite une nouvelle approche plus silencieuse et lente de la part du regard du spectateur : on pourrait dire qu’il s’agit d’un art de la discrétion et de la contemplation qui se veut créateur de sensations et d’émotions. byung_hun_min_la_galerie_particuliere_2583.jpg byung_hun_min_la_galerie_particuliere_2582.jpg byung_hun_min_la_galerie_particuliere_2545.jpg

lundi 12 octobre 2015

"What the body does not remember" : Ultima Vez de Wim Vandekeybus.

Te voilà!!

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jeudi 24 septembre 2015

Bienvenue sur Dotclear !

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